L’intégralité du discours du président de l’Assemblée nationale, Monsieur Achi Patrick, lors de la cérémonie solennelle de clôture de la première session ordinaire de l’année, ce mardi 30 juin 2026.
- Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Il est des moments qui ne se résument pas à une date dans le calendrier de nos institutions. La clôture d’une première session ordinaire est de ceux-là. Elle nous invite à mesurer ce que nous avons fait, ce que nous avons commencé à construire et ce que nous devons désormais poursuivre. Il y a 162 jours, dans cet hémicycle, nous ouvrions la première session Monsieur le Chef du Gouvernement, votre présence fidèle aux grands rendez-vous de notre Assemblée traduit l’attachement constant du Président de la République au bon fonctionnement des institutions de J’adresse également mes salutations distinguées aux Présidents des Institutions de la République, à leurs représentants, aux membres du II. Une Assemblée installée, organisée et pleinement au travail Au cours de cette première session, 27 projets de loi ont ainsi été examinés et adoptés, dont 26 à l’unanimité, au cours de 7 séances plénières ayant réuni en moyenne près de 90 % des députés. Ces chiffres traduisent bien davantage qu’une activité soutenue. Honorables Députés, Le travail législatif de notre session peut se lire autour de 5 priorités clés. La première, c’est préparer l’avenir. L’adoption du Plan national de développement 2026-2030 constitue l’acte majeur de cette session. Il inscrit l’action publique dans le temps long, autour d’une ambition nationale claire : accélérer la transformation structurelle de notre économie, renforcer notre souveraineté économique et alimentaire, développer nos infrastructures, améliorer le capital humain et consolider la cohésion sociale. En l’approuvant, notre Assemblée marque son adhésion à la construction d’une Côte d’Ivoire toujours plus productive et plus compétitive, plus inclusive et plus souveraine. La deuxième priorité, c’est protéger et inclure. Les textes relatifs à la biologie médicale contribuent à renforcer la qualité de notre système de santé et la sécurité des patients. La ratification du Protocole relatif aux droits des personnes handicapées marque une avancée importante vers une société plus accessible et plus respectueuse de la dignité de chacun. Les mesures adoptées en faveur des retraités rappellent qu’après une vie de travail, nos compatriotes ont droit à la reconnaissance de la Nation. La troisième priorité, c’est sécuriser la terre et moderniser notre agriculture. Avec les textes relatifs au foncier rural, aux filières agricoles, au coco, au Karité et à l’amélioration génétique animale, notre Assemblée a accompagné des réformes qui touchent la vie de centaines de milliers de familles. Sécuriser la terre, structurer les filières, moderniser l’élevage, c’est agir pour la souveraineté alimentaire, les revenus des producteurs et le progrès social dans nos régions. La quatrième priorité, c’est soutenir l’économie réelle. Les textes consacrés aux PME, à la commande publique, aux mesures fiscales et aux dispositifs d’appui à l’activité économique traduisent une même volonté : simplifier, entreprendre, produire, investir et créer des emplois. Car la Grande Côte d’Ivoire se construira aussi par l’énergie de ses entrepreneurs, de ses artisans, de ses agriculteurs et de tous ceux qui créent de la valeur. La cinquième priorité, c’est renforcer notre souveraineté et notre intégration. Les textes relatifs à la Banque africaine de l’énergie, au Compact régional énergie, à la Zone de libre-échange continentale africaine, au transport aérien ou au Code maritime participent d’une même vision : faire de la Côte d’Ivoire un pays ouvert, maître de ses leviers de développement et toujours mieux intégré à son espace régional. Enfin, avec la création de l’Observatoire national de la détention, notre Assemblée a contribué au renforcement de l’État de droit. La modernisation de notre pays est économique, sociale et institutionnelle. Elle doit aller de pair avec la justice, la dignité humaine et les garanties républicaines. IV. Une Assemblée attentive, qui évalue et qui rend compte Honorables Députés, Notre responsabilité ne se limite pas à voter la loi. Elle est aussi d’écouter, de questionner, de suivre et d’évaluer. Au cours de cette session, des questions écrites et orales ont été adressées au Gouvernement, notamment sur les opérations de déguerpissements qui ont touché plusieurs familles. Je veux, conformément à l’attention particulière qu’exige la situation, redire ici notre compassion à l’égard des personnes impactées. La Représentation nationale a vocation à entendre ces enjeux, à les porter dans le cadre institutionnel approprié et à veiller, dans le respect des responsabilités de chacun, à ce que l’action publique concilie l’ordre et le développement, la justice et l’attention aux plus vulnérables. Dans le respect de l’indépendance de la justice, nous demeurerons attentifs à l’issue des procédures engagées. C’est également dans cet esprit républicain que nous avons avancé sur les premières étapes de l’évaluation des politiques publiques. Nos citoyens attendent davantage de leurs institutions. Ils veulent mesurer l’impact des décisions prises en leur nom et constater leur traduction concrète dans la vie quotidienne. C’est pourquoi la nouvelle Commission d’évaluation des politiques publiques aura un rôle essentiel au cours de cette législature. Elle devra contribuer au suivi de l’application des lois comme à l’examen de l’impact des politiques publiques. Nous le ferons dans le respect des compétences de chaque institution et en lien avec les organes dont l’évaluation et le contrôle constituent également la mission, en particulier la Cour des Comptes, cet instrument essentiel de la République avec lequel l’Assemblée nationale entretient déjà une collaboration exemplaire. V. Une Assemblée ouverte sur le monde VI. Pendant l’intersession, une Assemblée « hors les murs » Chers collègues, La clôture de cette session ne signifie pas l’arrêt de notre activité parlementaire. Elle ouvre au contraire une nouvelle séquence : celle du retour vers les populations, de l’écoute et de la pédagogie des lois adoptées. Au cours de cette période d’intersession, nous conduirons des visites de terrain pilotées par les vice-présidents de notre Assemblée. Elles auront trois objectifs simples : dialoguer avec les citoyens, soutenir les députés dans leur mission de proximité et expliquer les lois votées au cours de cette session. C’est ce que nous appellerons « l’Assemblée nationale hors les murs ». Car notre Assemblée ne vit pas seulement dans cet hémicycle. Elle vit aussi dans les villes, les villages, les quartiers, les marchés, partout où les populations attendent de leurs élus présence, écoute et redevabilité. Des documents de synthèse seront mis à votre disposition afin de permettre une restitution claire, pertinente et accessible aux populations. Une loi mieux comprise est une loi mieux acceptée. Une loi mieux expliquée est une loi plus utile. Et une Assemblée qui retourne vers les citoyens est une Assemblée qui renforce la confiance démocratique. VII. Préparer l’Assemblée nationale de demain : se former, débattre, moderniser Honorables Députés, Les transformations engagées par la Côte d’Ivoire appellent une Assemblée nationale toujours plus efficace. Notre responsabilité est donc de préparer dès maintenant nos prochaines sessions autour de 5 chantiers très concrets. Le premier chantier sera celui de la formation et de la montée en compétences. Une Assemblée nationale plus efficace, c’est d’abord une Assemblée dont les députés et les personnels disposent des connaissances, des méthodes et des outils nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités. Nous allons renforcer les formations dans les domaines législatif, budgétaire, juridique, linguistique et technologique, mais aussi dans l’évaluation des politiques publiques. Cette montée en compétences permettra à chaque député de mieux préparer les textes, interroger l’action publique et rendre compte aux citoyens. Le deuxième chantier sera celui du partage d’expérience parlementaire en politique publique. Dans le prolongement de l’ouverture internationale de notre Assemblée, nous souhaitons donner à nos échanges avec les Parlements partenaires une dimension plus opérationnelle. Il s’agira d’organiser des missions d’études ciblées avec les Parlements de pays modèles ou d’aspiration, pour analyser et rapporter des expériences utiles à nos débats. L’objectif est simple : mieux outiller les députés, enrichir l’examen des politiques publiques et renforcer la contribution de notre Assemblée aux avancées de notre pays. Le troisième chantier sera celui du débat public et de la réflexion parlementaire. Nous souhaitons faire de l’Assemblée nationale un lieu vivant d’échanges sur les grandes priorités du pays. C’est dans cet esprit que nous travaillons à la mise en place de conférences périodiques, « les Rendez-vous de la Rotonde », qui permettront de réunir parlementaires, experts, administrations, acteurs économiques ou universitaires, élus locaux et société civile autour de grandes thématiques de politiques publiques. Le quatrième chantier sera celui de la modernisation numérique. Nous souhaitons avancer concrètement vers une Assemblée plus digitale : micros individuels et pupitres de vote électronique, identification numérique, déploiement progressif de tablettes, formation aux nouveaux outils y compris l’intelligence artificielle et travail de plus en plus fréquent sur support numérique, afin d’améliorer notre productivité et d’amorcer avec pragmatisme la transition vers le zéro papier. Nous poursuivrons également le développement d’outils permettant de mieux animer nos débats et rendre compte aux citoyens, en mettant à profit notamment les canaux digitaux. Le cinquième chantier enfin concernera nos infrastructures et notre patrimoine. Les conditions de travail des députés et des fonctionnaires parlementaires rappellent la nécessité d’engager, avec méthode et responsabilité, l’adaptation progressive de notre environnement de travail aux impératifs d’un Parlement moderne. L’ensemble de ces cinq chantiers répond à une véritable exigence républicaine. Car donner vie à cette « Grande Assemblée nationale », c’est mieux servir notre Constitution, nos concitoyens et les grandes transformations du pays. VIII. Conclusion : continuer l’œuvre, garder le cap, porter la fierté nationale Mesdames et Messieurs, Honorables Députés, Cette première session ordinaire marque un point de départ. Les premières pierres ont été posées. À nous désormais de continuer à bâtir l’édifice. Je forme le vœu que nous poursuivions ainsi cette législature avec le même esprit de responsabilité, le même sens du dialogue et la même volonté d’être utile à ce pays que nous aimons. Je tiens à remercier les Honorables Députés, les membres du Gouvernement, l’administration parlementaire ainsi que l’ensemble des partenaires de notre institution pour leur engagement tout au long de cette première session. Avant de conclure, permettez-moi d’adresser un mot de passion ! Ce soir, à Dallas, lors de ce premier 16ème de finale de Coupe du monde pour notre pays, nos cœurs vibreront avec nos Éléphants, dans un moment historique de ferveur et d’unité ! Toute la Représentation nationale est à leurs côtés, en pensée et en prières. Qu’ils jouent avec courage, discipline et talent ! - et avec ce supplément d’âme qui fait les grandes équipes et les grandes Nations ! Alors sans nul doute, une fois de plus, la victoire nous ouvrira ses bras ! Chers collègues, C’est dans ce même esprit patriotique que nous nous retrouverons, conformément aux dispositions de notre Constitution, le jeudi 1er octobre 2026, pour la séance d’ouverture de la deuxième session ordinaire de notre Assemblée nationale. D’ici là, continuons de travailler. Continuons d’écouter. Continuons de servir. Pour une Assemblée nationale toujours plus utile !
représentant Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA,
Président de la République de Côte d’Ivoire,
– Madame la Présidente du Conseil Constitutionnel,
– Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
– Monsieur le Président du Conseil Economique, Social,
Environnemental et Culturel,
– Monsieur le Médiateur de la République,
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
– Monsieur le vice-Président, représentant Madame la Présidente
du Sénat,
– Mesdames et Messieurs les Représentants des Présidents des
Institutions de la République,
– Excellence Monseigneur le Nonce Apostolique, Doyen du Corps
diplomatique,
– Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs
de missions diplomatiques et consulaires,
– Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations
Internationales,
– Mesdames et Messieurs les Représentants des institutions
bilatérales, régionales et multilatérales de développement,
– Monsieur le Préfet d’Abidjan
– Honorables Députés, Chers collègues,
SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI - Page 2 sur 17 Discours PAN Clôture AN 300626
– Vénérables Sénateurs,
– Messieurs les Officiers Généraux et Officiers Supérieurs,
– Distingués Chefs traditionnels et Éminents Guides religieux,
– Mesdames et Messieurs,
Honorables Députés, Chers collègues,
ordinaire de la IIIe législature de notre Assemblée nationale. Et nous venions poser une ambition simple et exigeante : faire vivre une chambre plus ouverte et performante, plus innovante et proche des
préoccupations de nos concitoyens. Nous disions alors « qu’une Grande Assemblée nationale ne se proclame pas, elle se construit ». Aujourd’hui, cette première session ordinaire s’achève. Et nous
pouvons dire, avec humilité mais aussi avec confiance, que les premières pierres ont été posées.
Elles l’ont été par l’organisation de notre institution, par la qualité du travail législatif accompli, par l’écoute des populations dont vous portez la voix, par l’ouverture au monde de notre Chambre et par
notre volonté commune de faire de cette Assemblée un acteur utile de la vision d’une Grande Côte d’Ivoire. Une Grande Côte d’Ivoire forte de ses institutions, prospère par son économie, solidaire dans son développement et confiante dans son
avenir. C’est cette exigence d’utilité qui doit continuer de guider notre législature : être utiles à la confiance démocratique, par le dialogue et la responsabilité ; utiles à l’exécution des politiques publiques, parce
qu’une loi ne vaut pleinement que lorsqu’elle améliore la vie des populations ; utiles enfin à l’avenir, parce que chacune de nos décisions engage le destin des générations futures. Avant d’évoquer les principaux enseignements de cette session, je voudrais adresser les salutations respectueuses de la Représentation nationale aux hautes personnalités qui nous honorent de leur présence. Je salue très chaleureusement Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant le Président
de la République, S.E.M Alassane OUATTARA.
notre pays. Je vous saurais gré de bien vouloir lui transmettre les sentiments de profonde reconnaissance de la Représentation nationale
pour son soutien fidèle et si précieux à notre Assemblée.
Gouvernement, aux membres du Corps diplomatique, ainsi qu’à toutes les personnalités ici présentes.
Votre présence honore notre Assemblée et témoigne de la vitalité du dialogue républicain qui unit les institutions et les acteurs clés de notre
pays. Et je voudrais que tous ensemble, aujourd’hui rassemblés dans cette Assemblée du peuple, nous puissions adresser, à la suite du Chef de
l’Etat et du Gouvernement, notre compassion la plus sincère aux familles qui ont été endeuillées ces derniers jours par les pluies diluviennes qui
ont touché notre pays. Qu’elles sachent que nos pensées et nos prières sont avec elles, et que nous sommes en soutien des décisions
immédiates prises par l’Exécutif face à ces événements tragiques.
Honorables Députés, Notre première responsabilité consistait à donner à l’Assemblée les
moyens nécessaires pour exercer efficacement les missions que lui confie la Constitution.
Le Bureau de notre institution a été installé. Les six commissions permanentes ont été constituées. La Commission d’évaluation des politiques publiques a été mise en place. Les représentants de notreAssemblée auprès des organisations interparlementaires ont été désignés. Ces décisions sont les fondations d’une Assemblée nationale.
Ils révèlent une culture du dialogue, un sens élevé des responsabilités et la volonté de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation. Ils montrent aussi que l’unanimité n’est pas le silence du débat. Elle est, le plus souvent, le résultat d’un travail approfondi en commission, d’échanges constructifs avec le Gouvernement, d’une recherche constante du consensus au service de l’intérêt général et des progrès du pays. III. Des lois utiles pour les populations et pour la transformation du pays
Mesdames et Messieurs,
Au cours de cette première session, notre Assemblée a également prolongé son ouverture sur le monde et multiplié les échanges avec des Parlements frères et partenaires. La signature du Mémorandum d’entente avec l’Assemblée nationale du Sénégal, ; la rencontre avec Madame Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale française ; notre participation aux travaux de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ; nos échanges autour de la Vision CEDEAO 2050 ; notre participation à la 152ème Assemblée de l’Union interparlementaire qui a souligné la nécessité de promouvoir un un multilatéralisme efficace comme instrument de prévention et de règlement des conflits en cours en Afrique, en Europe et au Moyen- Orient ; nos relations avec plusieurs Assemblées d’Afrique et d’ailleurs ; tout témoigne du crédit majeur dont bénéficie notre institution dans le dialogue parlementaire africain, francophone et international. Cette ouverture contribue aussi au rayonnement institutionnel de notre pays et à la qualité des relations que la Côte d’Ivoire entretient avec ses partenaires.
Je vous remercie.








