‎Les parlementaires de la CEDEAO, réunis à Banjul (Gambie) du 6 au 10 juillet 2026 dans le cadre d’une mission d’engagement citoyen sur les dangers de la migration irrégulière et de l’esclavage moderne, ont rendu publiques, vendredi 10 juillet, les conclusions de leurs travaux.



À l’issue de ces échanges approfondis avec les communautés, les rapatriés et les survivants, les élus communautaires tirent la sonnette d’alarme et formulent des recommandations pour endiguer ces phénomènes dans l’espace ouest-africain.

‎Les élus communautaires identifient le chômage, le sous-emploi, l’accès insuffisant à l’éducation et à la formation, ainsi que la faiblesse des opportunités économiques comme principaux facteurs de départ, et ce, en dépit des risques bien connus. Ils soulignent également le poids des pressions familiales ainsi que l’influence des réseaux sociaux, qui véhiculent des images stéréotypées de migrants ayant réussi à l’étranger et encouragent les jeunes à tenter l’aventure.

‎S’appuyant sur les récits poignants des rapatriés et des survivants, la mission confirme que la migration irrégulière et la traite des personnes ne relèvent pas de préoccupations abstraites. Il s’agit d’expériences vécues, marquées par la tromperie, l’exploitation, le travail forcé, les abus, les détentions arbitraires, les séparations familiales et de graves traumatismes psychosociaux.

Les participants ont néanmoins reconnu le rôle essentiel que ces survivants peuvent jouer en tant que témoins-acteurs, leurs témoignages constituant l’un des outils de sensibilisation les plus crédibles au sein des communautés.

‎Pour les parlementaires, une simple campagne de sensibilisation est insuffisante. Celle-ci doit impérativement s’accompagner de mesures structurelles : création d’emplois décents, soutien à l’entrepreneuriat, développement des compétences professionnelles, modernisation du secteur agricole et investissements durables en faveur de la jeunesse.

Par ailleurs, la délégation préconise un renforcement du cadre législatif et répressif, en assortissant la législation de sanctions plus dissuasives, afin de lutter efficacement contre les réseaux de trafic de migrants et de démanteler les filières criminelles. La coopération transfrontalière et le partage de renseignements entre États membres doivent également être intensifiés.

‎La mission insiste sur la nécessité de mettre en place des programmes de réintégration complets pour les rapatriés, incluant un soutien psychosocial, un accompagnement professionnel et une aide à l’insertion communautaire, pour prévenir la stigmatisation.

L’éducation est également au cœur des résolutions : l’intégration des thématiques liées à la migration irrégulière dans les programmes scolaires, du primaire au supérieur, ainsi que l’implication des écoles coraniques et des institutions religieuses dans les campagnes de sensibilisation, sont vivement recommandées. Les députés encouragent par ailleurs le recours au sport, aux arts et aux dialogues communautaires comme vecteurs innovants de prévention.

Enfin, la délégation du Parlement de la CEDEAO appelle à une action coordonnée et soutenue entre gouvernements, parlements, collectivités locales, société civile, partenaires au développement et familles. Elle salue l’engagement des autorités gambiennes et des communautés locales, et réaffirme que des solutions durables à ce défi régional complexe ne sauraient reposer sur la seule voie répressive.

 

 


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