Le Parlement de la CEDEAO a ouvert, le lundi 6 juillet 2026 à Banjul, en Gambie, une consultation citoyenne afin de sensibiliser les populations communautaires aux dangers de la migration irrégulière et de l’esclavage moderne.
Cette initiative, qui vise à mettre les parlementaires en contact direct avec les réalités du terrain, se déroulera en deux temps, d’abord à Banjul du 6 au 10 juillet, puis à Dakar du 13 au 17 juillet 2026.
Le choix de la Gambie et du Sénégal pour lancer cette vaste opération s’explique par la volonté des parlementaires de la CEDEAO de cristalliser tous les regards sur ces deux pays, qui sont à la fois des pays d’origine, de transit et de retour des migrants tentant le périlleux voyage.
La première journée des travaux à Banjul a donné lieu à plusieurs communications d’organisations internationales, sous-régionales et de structures nationales impliquées dans la gestion de la migration irrégulière et de l’esclavage moderne. Elles ont unanimement souligné que ces phénomènes demeurent des défis majeurs pour la sous-région ouest-africaine. De plus, elles ont noté une augmentation, au cours du premier semestre 2026, des interceptions de migrants, des retours volontaires d’Afrique du Nord et des expulsions depuis l’Europe. Au niveau local, les communications relèvent qu’entre novembre et décembre 2025, ce sont plus de 440 femmes et enfants qui ont irrégulièrement quitté la Gambie. Ils sont conduits par des passeurs, le long de la route atlantique ouest-africaine, à bord d’embarcations de fortune surpeuplées, opérant des changements fréquents de points de départ côtiers.
Sur la thématique spécifique de la traite des êtres humains, les experts ont mis en garde contre les formes émergentes d’exploitation que constituent le travail forcé, le travail des enfants, l’exploitation sexuelle, la séparation des familles et les opérations d’arnaque en ligne liées à la migration irrégulière.
Comme pistes de solutions, les experts ont appelé à des politiques régionales plus efficaces, qui privilégient un investissement accru dans la prévention, la protection des victimes, les enquêtes et la coopération transfrontalière.
Il est à noter que cette initiative parlementaire s’inscrit dans un contexte où la migration irrégulière constitue l’un des défis socio-économiques et sécuritaires majeurs pour l’Afrique de l’Ouest. À travers cette consultation, les parlementaires de la CEDEAO entendent recueillir la parole des communautés, évaluer l’impact des politiques existantes et proposer des pistes d’action concrètes pour protéger les droits des citoyens les plus exposés.
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